Introduction : Les tendances et affirmations
A l’occasion de mes nombreuses pérégrinations sur les forums dédiés à la musique et au cinéma, une des choses qui n’arrêtera jamais de me surprendre est la propension des jeunes, et des moins jeunes, à affirmer les choses, et plus généralement à suivre les modes sans savoir de quoi il retourne, et surtout en répétant à l’envie des vérités qu’ils croient, à tort, fondamentales ou inscrites dans le marbre.
Le retour à la mode du vinyle
Une des tendances actuelles est le retour à la mode vinyle, support extrêmement prisé par cette mouvance hipster à la con. Libre à chacun de porter une barbe et une écharpe en soie pour se donner un pseudo style. Mais de là à affirmer n’écouter que du vinyle pour des questions de qualité, c’est tout simplement du plus haut comique.
Je ne pense pas que posséder la vieille platine disque de grand-papa Fernand, acheté 30 euros à la brocante et qui a passé les 20 dernières années dans une cave humide (la platine… pas le grand-père) soit l’idéal pour se prétendre grand mélomane et attribuer une supériorité du 33T sur le CD. Supériorité qui n’existe que dans l’absolu.
Arguments techniques discutables
L’argument « oui mais le spectre sonore est plus vaste sur un microsillon » ou « oui mais le taux d’échantillonnage… » Je dis NON ! T’es quoi ? Un clebs, une baleine pour percevoir les ultras et intra-sons ?
En gros, c’est du baratin, du blabla… et pour simplifier : « Les hipsters vous n’y comprenez quefif, retournez chez vos mères. »
Jugement sur la musique actuelle
Loin de moi, l’idée de porter un jugement qualitatif sur le côté artistique des œuvres, il n’empêche que je considère que 80% de la production musicale actuelle est clairement de la daube commerciale, aussi bien sur le fond que sur la forme, et quel que soit le support.
Comparaison CD et vinyle
Certaines mauvaises langues diront que je suis trop souvent « élitiste ». Mais mon analyse ne reflète que mon point de vue et mon vécu. Si l’on compare l’écoute d’un CD et d’un vinyle sans artifice, c’est-à-dire sans système audio multi-canal et sans caisson de basse, ni renfort électro-acoustiques (type Loudness, DNR…) ce qui, il le faut reconnaître, est devenu la norme actuellement, j’ai toujours trouvé le son numérique d’un CD légèrement plus plat, moins riche et moins chaud.
Mais attention, ce critère n’est valable que dans le meilleur des mondes, pas avec n’importe quel enregistrement, et surtout avec une restitution par du matériel à minima moyen ou idéalement haut de gamme (ampli, platine et HP). Puis surtout, avec un diamant/saphir en excellent état et avec un support immaculé et si possible pas trop usé. (Sinon, bonjour les craquements et adieu les aigus).
Parenthèse sur la haute-fidélité
D’ailleurs, j’ouvre une parenthèse sur le fait que le matériel haute-fidélité n’est pas l’apanage des Japonais, contrairement à ce que beaucoup affirment, car la célèbre firme danoise Bang&Olufssen est probablement celle qui se démarque le mieux de la production actuelle, aussi bien en termes de design, qu’en termes de qualité de restitution sonore…
Histoire de la hi-fi française
Même si à une époque pas si lointaine, nous savions faire en France des produits Hi-fi d’excellente facture et que l’Europe nous enviait. (Si, si). Je parle d’une marque comme Continental Edison, qui offrait durant les années 70/80 de superbes matériels (caisse bois, façade alu brossé, système quadro) fabriqué à Moulins (03). Preuve que la qualité n’était pas l’apanage des Allemands.
Qualité des supports : une évolution technique
En termes de qualité intrinsèque, et en situation d’écoute stéréophonique traditionnelle, je pencherais pour le côté authentique, pur et fidèle du 33T, mais uniquement sur des pressages vinyle des années 70/80 par rapport aux CDs de 1983 à 2000.
Conclusion : nostalgie et remasterisation
Affirmer que le 33T est supérieur dans l’absolu est tout simplement une connerie sans nom. Après, si c’est une question de nostalgie et de sonorité propre à la technologie, c’est un autre débat.
Anecdote personnelle : la comparaison ultime
J’ai réécouté le 33T de la BO de Bill Conti « For your eyes only »… En mode Stéréo basique sans caisson et sans correction dynamique.
- 33 tours édité par Liberty (1981) : Son chaleureux, mais avec des craquements.
- CD (1995) : Son étouffé, peu fidèle au pressage original.
- CD remasterisé (2000) : Victoire nette, pas de bruit de fond, une pureté inégalable.
En résumé : mélanger flûte traversière et guitare électrique, moi je dis Respect ! Et pour les fans de Bond : après avoir écouté « Melina’s Revenge », tu peux mourir en paix !


